Pékin et mon vélo : une grande histoire d’amour

Après avoir passé mes trois premiers mois ici sans vélo, j’ai finalement décidé de réinvestir dans un bolide à la fin du mois d’août à l’occasion de mon déménagement. Je m’en étais passé ces premiers mois, tout d’abord en raison de la chaleur beaucoup trop accablante mais également parce que je pensais que le chemin pour aller au travail serait peut-être trop difficile. Surtout, mon ancien appartement était situé tout près des arrêts de bus et je ne ressentais pas spécialement la nécessité d’en acheter un.

Puis mon déménagement est arrivé. Celui-ci tombait pile à la fin du mois d’août, au moment où je savais que les températures s’apprêtaient à redescendre à un niveau à peu près acceptable. Mon nouvel appartement est situé dans une résidence qui occupe un lieu central dans la ville. Il est dans un quartier bien desservi, mais étonnement prendre le bus allait rallonger mon temps de transport. Puis j’avais envie de refaire du vélo de nouveau, de sentir la ville sous mes pneus crissant. Je me suis donc rendue chez le marchand de vélo, et lui ai demandé un vélo d’occasion. Je n’avais en effet pas envie d’investir dans un bolide flambant neuf, considérant qu’il ne me restait qu’un peu plus de deux mois ici. Le seul vélo de seconde main qu’il avait était un vélo riquiqui et tout rose. Je l’ai essayé, et comme le dit le proverbe « L’essayer, c’est l’adopter ! ».

Je l’ai surnommé Mini-Barbie.

Il est rose, il est petit : c’est une mini-Barbie (en vrai mon amie Marguerite avait auparavant prénommé son vélo – de taille normale et rose- « Barbie », je me suis donc quelque peu inspirée de son idée).

Ma minie Barbie !

Ah, le bougre. Ce vélo mignon m’en aura causé des soucis. (Mais il était tellement peu cher… !)Dès son premier trajet vers l’ambassade, un pneu a crevé. Oups ! Heureusement, il y avait un réparateur non loin de ‘endroit de l’accident. Puis des nombreux déraillements sont survenus. Bon, comme je ne savais pas remettre la chaine en place (à l’époque, maintenant je sais !), cela m’a permis d’accoster des passants dans la rue pour leur demander leur aide généreuse. Un jour, la chaîne s’est même bloquée complètement dans le mécanisme : impossible de la remettre en place à mains nues ! Le guidon par ailleurs n’est pas bien centré et me semble instable (j’ai l’impression qu’il peut se séparer du vélo à tout moment). Mais mon vélo je l’aime quand même très fort.

image(1) copieMini-Barbie en pleine réparation

Avec lui le soir, je double toutes les voitures piégées dans les embouteillages interminables de Pékin. J’emprunte des raccourcis qui me font découvrir des ruelles toutes calmes -écartées des grandes artères- dans lesquelles règne une atmosphère paisible. Avec lui je n’ai plus besoin de m’énerver en attendant un bus qui ne vient pas. Je suis indépendante. Je sors de chez moi : j’enfourche Mini-Barbie. Je sors du travail : j’enfourche Mini-Barbie. C’est plutôt simple. Et puis tout cumulé ça me fait bien 40 minutes minimum de vélo par jour : quel athlétisme ! Enfin, les distances sont sacrément diminuées lorsque vous prenez le vélo plutôt que parcourir la distance à la marche. Autant de bonnes raisons de l’avoir acheté.

Et puis parcourir une ville à vélo, c’est toujours très agréable. Se mouvoir sans un effort très poussé, la sensation de glisser tout en pouvant contempler la ville. J’aime rentrer le soir, avec les températures qui sont redescendues et la nuit qui est tombée, (sentir toute cette belle pollution qui s’insère dans ses poumons) sentir l’air frais en pédalant, contempler tous les arbres qui prennent une allure orangée avec l’automne.

image(1)photo(2) copieLes jolies vues automnales, sur mon vélo

Je regrette néanmoins que les voitures empiètent de plus en plus dans l’espace destiné aux vélos à Pékin. La semaine dernière, de nombreuses voitures tentaient de dépasser les bouchons en empruntant la file réservée aux deux-roues. Elles étaient hélas bien trop nombreuses pour que leur stratégie s’avère efficace. Puis ce n’était pas vraiment pratique pour nous.

Il m’arrive également de me faire des frayeurs, surtout au carrefour de Dongzhimen (东直门), que j’emprunte tous les jours. Parfois les voitures déboulent sans ralentir, certains ne vous laissent pas la priorité. Et puis cette manie qu’ont les chinois de klaxonner à tout va me prend parfois un peu les nerfs… Il est vrai que depuis que j’utilise mon vélo, j’insulte beaucoup de gens dans ma tête. Mais j’essaye de garder en tête l’apport positif : c’est une immersion dans la manière de conduire pékinoise, et ça développe mes réflexes.

Mais en dehors de ça, j’aime vraiment cette culture du vélo à Pékin. Cette facilité pour se procurer un vélo bon marché, mais aussi la présence de petits réparateurs à de nombreux coins de rues qui peuvent vous régler votre problème en cinq minutes chrono. Le fait que ce ne soit pas étonnant d’avoir au moins 100 vélos devant mon entrée d’immeuble, ou de le remonter à son étage pour ne pas se le faire voler. J’aime également le fait que beaucoup de personnes lambda sachent réparer les petits dérèglements des vélos : hier, arrêtée pour remettre la chaîne de mon vélo, un vieil homme s’est arrêté naturellement en me disant « je vais t’aider », puis un troisième pour porter le vélo. J’ai trouvé ça vraiment gentil et cordial. Mon vélo me montre aussi tous ces aspects positifs.

Accessoires véloPetit stand de rue d’accessoires pour vélo

Vous l’avez compris, ceci était une déclaration d’amour à mon vélo.

Je t’aime Mini-Barbie ! (mais je te vendrai quand même avant de partir !).

 

Chinoisement vous

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