Pékin et mon vélo : une grande histoire d’amour

Après avoir passé mes trois premiers mois ici sans vélo, j’ai finalement décidé de réinvestir dans un bolide à la fin du mois d’août à l’occasion de mon déménagement. Je m’en étais passé ces premiers mois, tout d’abord en raison de la chaleur beaucoup trop accablante mais également parce que je pensais que le chemin pour aller au travail serait peut-être trop difficile. Surtout, mon ancien appartement était situé tout près des arrêts de bus et je ne ressentais pas spécialement la nécessité d’en acheter un.

Puis mon déménagement est arrivé. Celui-ci tombait pile à la fin du mois d’août, au moment où je savais que les températures s’apprêtaient à redescendre à un niveau à peu près acceptable. Mon nouvel appartement est situé dans une résidence qui occupe un lieu central dans la ville. Il est dans un quartier bien desservi, mais étonnement prendre le bus allait rallonger mon temps de transport. Puis j’avais envie de refaire du vélo de nouveau, de sentir la ville sous mes pneus crissant. Je me suis donc rendue chez le marchand de vélo, et lui ai demandé un vélo d’occasion. Je n’avais en effet pas envie d’investir dans un bolide flambant neuf, considérant qu’il ne me restait qu’un peu plus de deux mois ici. Le seul vélo de seconde main qu’il avait était un vélo riquiqui et tout rose. Je l’ai essayé, et comme le dit le proverbe « L’essayer, c’est l’adopter ! ».

Je l’ai surnommé Mini-Barbie.

Il est rose, il est petit : c’est une mini-Barbie (en vrai mon amie Marguerite avait auparavant prénommé son vélo – de taille normale et rose- « Barbie », je me suis donc quelque peu inspirée de son idée).

Ma minie Barbie !

Ah, le bougre. Ce vélo mignon m’en aura causé des soucis. (Mais il était tellement peu cher… !)Dès son premier trajet vers l’ambassade, un pneu a crevé. Oups ! Heureusement, il y avait un réparateur non loin de ‘endroit de l’accident. Puis des nombreux déraillements sont survenus. Bon, comme je ne savais pas remettre la chaine en place (à l’époque, maintenant je sais !), cela m’a permis d’accoster des passants dans la rue pour leur demander leur aide généreuse. Un jour, la chaîne s’est même bloquée complètement dans le mécanisme : impossible de la remettre en place à mains nues ! Le guidon par ailleurs n’est pas bien centré et me semble instable (j’ai l’impression qu’il peut se séparer du vélo à tout moment). Mais mon vélo je l’aime quand même très fort.

image(1) copieMini-Barbie en pleine réparation

Avec lui le soir, je double toutes les voitures piégées dans les embouteillages interminables de Pékin. J’emprunte des raccourcis qui me font découvrir des ruelles toutes calmes -écartées des grandes artères- dans lesquelles règne une atmosphère paisible. Avec lui je n’ai plus besoin de m’énerver en attendant un bus qui ne vient pas. Je suis indépendante. Je sors de chez moi : j’enfourche Mini-Barbie. Je sors du travail : j’enfourche Mini-Barbie. C’est plutôt simple. Et puis tout cumulé ça me fait bien 40 minutes minimum de vélo par jour : quel athlétisme ! Enfin, les distances sont sacrément diminuées lorsque vous prenez le vélo plutôt que parcourir la distance à la marche. Autant de bonnes raisons de l’avoir acheté.

Et puis parcourir une ville à vélo, c’est toujours très agréable. Se mouvoir sans un effort très poussé, la sensation de glisser tout en pouvant contempler la ville. J’aime rentrer le soir, avec les températures qui sont redescendues et la nuit qui est tombée, (sentir toute cette belle pollution qui s’insère dans ses poumons) sentir l’air frais en pédalant, contempler tous les arbres qui prennent une allure orangée avec l’automne.

image(1)photo(2) copieLes jolies vues automnales, sur mon vélo

Je regrette néanmoins que les voitures empiètent de plus en plus dans l’espace destiné aux vélos à Pékin. La semaine dernière, de nombreuses voitures tentaient de dépasser les bouchons en empruntant la file réservée aux deux-roues. Elles étaient hélas bien trop nombreuses pour que leur stratégie s’avère efficace. Puis ce n’était pas vraiment pratique pour nous.

Il m’arrive également de me faire des frayeurs, surtout au carrefour de Dongzhimen (东直门), que j’emprunte tous les jours. Parfois les voitures déboulent sans ralentir, certains ne vous laissent pas la priorité. Et puis cette manie qu’ont les chinois de klaxonner à tout va me prend parfois un peu les nerfs… Il est vrai que depuis que j’utilise mon vélo, j’insulte beaucoup de gens dans ma tête. Mais j’essaye de garder en tête l’apport positif : c’est une immersion dans la manière de conduire pékinoise, et ça développe mes réflexes.

Mais en dehors de ça, j’aime vraiment cette culture du vélo à Pékin. Cette facilité pour se procurer un vélo bon marché, mais aussi la présence de petits réparateurs à de nombreux coins de rues qui peuvent vous régler votre problème en cinq minutes chrono. Le fait que ce ne soit pas étonnant d’avoir au moins 100 vélos devant mon entrée d’immeuble, ou de le remonter à son étage pour ne pas se le faire voler. J’aime également le fait que beaucoup de personnes lambda sachent réparer les petits dérèglements des vélos : hier, arrêtée pour remettre la chaîne de mon vélo, un vieil homme s’est arrêté naturellement en me disant « je vais t’aider », puis un troisième pour porter le vélo. J’ai trouvé ça vraiment gentil et cordial. Mon vélo me montre aussi tous ces aspects positifs.

Accessoires véloPetit stand de rue d’accessoires pour vélo

Vous l’avez compris, ceci était une déclaration d’amour à mon vélo.

Je t’aime Mini-Barbie ! (mais je te vendrai quand même avant de partir !).

 

Chinoisement vous

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Bref, j’ai les cheveux roses

Voilà quelques temps que je n’avais pas rédigé un petit article sur le blog. Entre le travail, les sorties, la Beijing Design Week (qui mérite d’ailleurs bien un petit article), la venue de ma mère pour une semaine qui nous a amené à passer une semaine à Chengdu, je n’avais plus pris le temps d’écrire. J’ai donc trouvé un sujet un peu détendu pour rompre ce silence : les cheveux.

La Chine est je pense un endroit où quelques étrangers décident de franchir un certain type de caps capillaires (essayez de dire ça très vite). Lorsque je parle de « caps », j’entends des looks un peu hors du commun, qu’on afficherait difficilement ailleurs (entendez par là : surtout en France). Ce n’est pas la majorité des gens, mais beaucoup finissent par succomber : dreadlocks, cheveux courts type coupe garçonne, cheveux de couleur inhabituelle…

Il y a deux ans, alors en Chine, je m’étais lassée du regard persistant des passants sur moi. J’avais attribué ça à mon type de cheveux : très bouclé, et plutôt clair à l’époque. J’avais donc décidé de changer un peu cette situation en me rendant chez le coiffeur local afin de me faire une teinture brune. J’avais donc pointé la mèche brune sur le catalogue des couleurs, prête à me transformer. Sauf que la couleur devait certainement être un produit réservé aux cheveux asiatiques, bien noirs : sur moi, elle a fini orange. Littéralement (photos interdites). J’ai donc été traumatisée. Par chance, la couleur s’est transformée vers des teintes plus jolies : foncé à reflets rouge, châtain à reflet roux, pour finalement presque tourner au blond miel l’été venu (ce qui avec mes racines faisait un tye and die naturel, ce qui m’a valu des réactions positives à mon retour en France alors que pauvre de moi, je ne connaissais même pas cette mode).

Quoiqu’il en soit cette expérience avait été l’occasion de parler capillarité avec de nombreuses personnes, révélant au passage certains secrets cachés. « J’aimerai bien me teindre les cheveux en bleu et blanc »  « J’aimerai me les couper très court et les teindre en rouge », avais-je pu entendre. Oui oui, ce genre de rêve d’adolescente qu’on garde dans un coin de sa tête.

Moi, au fond de moi, j’ai toujours voulu être brune. Depuis peut-être le collège. J’ai d’ailleurs été brune l’an dernier et j’étais très satisfaite (« j’ai été », car la couleur finit toujours par dégorger). En revanche, une autre envie, beaucoup plus petite et de l’ordre du « délire du moment » était déjà venue dans ma tête : avoir des mèches roses. Compte tenu de la toxicité d’une telle couleur et de la nature fragile de mes cheveux, il était inconcevable de me faire des mèches sur toutes la longueur du cheveux.

Il s’avère que depuis mon retour en Chine je suis tombée sur des chinoises qui pratiquent le « dip dye hair » : colorer seulement la pointe. L’idée a un peu germé en moi : je fais, je fais pas ? Si j’en avais toujours eu un peu envie : autant le faire non ? D’autant plus que dès que ça ne me plairait plus, soit je referais une coloration brune par dessus, soit je couperai les pointes. Franchir le pas est d’autant plus facile que je suis en Chine : moins de personnes me jugeront, et si les gens me fixent ça ne fera rien puisqu’il le font déjà ! Qui plus est, je suis encore étudiante, et il est plus difficile d’assumer un tel style dans la vie active, donc autant en profiter…

Vous l’aurez compris : j’ai franchi le pas ! (YOLO !)

Jeudi, direction un salon coréen de 五道口(celui à côté de Tous les Jours Bakery), où photo à l’appui j’explique ce que je veux : du rose aux pointes, mais pas sur toute la longueur hein ! Le salon est orné de photographies polaroïd de colorations réalisées : en dehors des traditionnel bruns, blond, etc : on trouve de toutes les couleurs : du bleu, du vert, du violet, du rose, des variations arc-en-ciel. Je suis à la bonne adresse. (J’ai d’ailleurs vu des coiffeuses – chinoises- teintes en blonde cendrée, et je dois avouer que la coloration était parfaite). Le coiffeur me montre d’autres photos sur son portable d’autres coiffures qu’ils ont réalisé, et je donne mon accord définitif.

photo(2)Avant la coloration, avec ma partenaire de crime Marguerite

Vous l’aurez compris, mon souhait a été assouvi.

Bref, j’ai les cheveux roses.

cheveux rose

roseEt voilà le travail…

Chinoisement Vous

PS : Ici ça passe bien, j’ai le droit à de gentils commentaires. Même mon boss m’a dit que c’était cool (Let’s rock the Embassy !) Mais je me demande comment ça passera de retour en France… Enfin quoiqu’il arrive, j’ai suivi ma politique du « No regrets » et je suis contente de l’avoir fait au moins une fois dans ma vie.

Être une femme en Chine

Cela faisait quelques temps que je pensais à écrire un article sur ce sujet « Être une femme en Chine ». Je n’entends pas par-là être une femme chinoise. J’entends ici « être une femme, en Chine ». Être une femme en Chine est, sur certains points, différent d’être une femme en France.

10568974_10204492208605957_8379410257297254231_nUne femme, en Chine. Ok, en fait c’est moi 🙂

Depuis une semaine, il y a de nouveau un débat intensif sur le « féminisme », et les nombreuses raisons qui justifient l’existence de ce mouvement, ce qui me pousse à enfin écrire cet article. Par ailleurs, cela faisait quelques mois que je voyais fleurir sur la toile des articles sur le harcèlement de rue, et je pense que mon point de vue ici se placera dans la continuité de ceux-ci. Si certains internautes s’étonnent qu’on apporte autant d’importance au phénomène du harcèlement de rue, j’ai pour ma part été plutôt satisfaite qu’il soit ainsi publiquement dénoncé. J’ai en effet déjà été victime de ce type de « harcèlement » et je pense que, comme moi, de nombreuses françaises subissent ça à maintes reprises. Le type de harcèlement que j’ai rencontré est allé de la petite tentative de drague avec une phrase copiée-collée (vous savez, le genre qui vous fait bien rire) à la menace orale de me suivre si je ne répondais pas à mon interlocuteur, en passant par les propositions plus qu’étranges, et pire : l’homme qui se touche publiquement.

Tout cela n’est pas très réjouissant. Et ce qui aux yeux de certains hommes peut passer pour de simples accostes sympathique qui partent d’un bon sentiment (et devrait nous flatter, ah oui ?), est en fait aux yeux de celles qui le subissent un acte fatiguant et lassant. Sans compter que les petits sifflements et les regards qui balayent tout notre corps donnent vraiment l’impression d’être abaissée à la condition d’objet.

En France, plus précisément à Paris, j’effectue quotidiennement un parcours en transports en commun pour me rendre sur mon lieu d’études. Le point de départ, comme le point d’arrivée, ne sont pas des zones que l’on pourrait dire « sensibles ». J’effectue en revanche mon transfert à Châtelet-Les-Halles, qui n’est pas réputé pour être le lieu le plus sûr qui soit : il ne m’est néanmoins jamais rien arrivé. Ce que j’entends par là c’est que souvent les endroits où je me fais aborder n’ont rien de « dangereux » ou ne sont à priori pas propices à ce genre d’événements. Et pourtant, à n’importe quel endroit et n’importe quel moment je sais que quelqu’un peut me tomber dessus pour émettre son petit commentaire. Et c’est fatiguant et lassant, parce qu’on aspire juste à se déplacer tranquillement. (Attention, je ne suis pas pour la morosité ambiante dans les transports et le manque de courtoisie, mais ce n’est pas ce genre de comportement qui lutte contre l’atmosphère négative des transports : au contraire, il génère ou encourage un repli sur soi).

Femme à Pékin

Toute cette introduction pour vous dire : Ici, à Pékin (et l’idée peut être introduite aux autres endroits de Chine où je me suis rendue) : ce n’est pas le cas. Ma condition de femme (parce que c’est bien ce qui cause les accostes imprévues et souvent lourdingues à Paris) ne génère pas ce phénomène ici. Pour être honnête : oui, il m’arrive d’être dévisagée. Mais c’est parce que je suis une « Laowai » (老外), une étrangère avec un visage et des cheveux inhabituels ici. C’est parce que je suis une Laowai que des touristes -qui viennent de villes peu fréquentées par les occidentaux- sont surpris et amusés en me voyant. S’il m’arrive donc, en effet, de me faire fixer par des locaux : leur regard reste néanmoins toujours à hauteur de mon visage. En aucun cas ils ne me contempleraient de haut en bas pour « juger la marchandise ». Ils me fixent comme ils fixeraient d’autres étrangers, de sexe masculin. Cela n’a donc rien à voir avec ma condition de femme.

La question de la tenue

Cela m’amène à la question de la tenue. En France, il arriverait que certains justifient les cas de harcèlement (voire pire) par la tenue portée par la femme. Porter une jupe/robe trop courte, voire porter simplement une jupe (qu’elle soit courte ou pas), porter un décolleté, des vêtements moulants, etc deviennent des excuses et des justifications à ce harcèlement. Dans les gares parisiennes, il m’arrive de me sentir coupable d’avoir mis une jupe suite au regard immonde d’un passant qui m’a regardé de haut en bas puis émit une petite réflexion. Il m’arrive de m’en vouloir parce que oui, en effet, j’aurais peut-être dû mettre un collant plus opaque pour ne pas attirer l’attention sur mes jambes (et pourtant : je porte des tenues assez conventionnelles et pas vraiment aguicheuses). Il m’arrive de me dire que je devrais peut-être mettre ce rouge à lèvres foncé une fois arrivée à destination, pour prendre « moins de risques ». Inutile de continuer la liste.

En Chine : je peux porter n’importe quelle tenue, sans la crainte d’être jugée ou de ressentir une once de remord. De nombreuses chinoises ont souvent recours à la combinaison mini-jupe et hauts talons. Lors de soirées, elles n’hésitent pas à mettre le paquet sur le maquillage et les accessoires. Si tout est affaire de goût et qu’il se peut que ce style ne fasse pas l’unanimité, tel est leur droit, et elles en jouissent sans devenir les victimes de remarques misogynes. Elle s’habillent comme elle le veulent, et c’est bien normal. Tel est mon cas ici. Je n’ai jamais porté de tenues aussi courtes, et assumé d’avoir les jambes dénudées autant qu’ici. Je peux m’habiller comme je l’entends, personne ne s’amusera à me dévisager pour ça. Et c’est sacrément agréable. C’est une liberté.

Le sentiment de sécurité

Quelque soit sa tenue, quelque soit l’heure de la journée, quelque soit le type de transport : j’ai toujours un sentiment de sécurité à Pékin. Je n’ai pas peur de rentrer à pieds en robe à 2, 4 voire 6 heures du matin. Je n’ai pas cette petite crainte inconsciente que je ressens à Paris lorsque je rentre à pieds chez moi. Ce sentiment de sécurité, je ne l’ai jamais vraiment à Paris, tandis qu’ici il est permanent.

Et pourtant…

Et pourtant, il pourrait que cette impression de sécurité ne soit que naïveté. Peut-être vaudrait-il mieux que je fasse attention ? Il y a deux mois, j’ai déclaré à une soirée que j’allais rentrer à pied : après tout il faisait beau et chaud, mes 20 minutes de marche seraient agréables. Ce à quoi un ami américain a rétorqué « Tu ne fais pas ça, ces rues ne sont plus sûres ». Il avait en tête une idée bien précise : une fille de son entourage avait commencé à se faire agresser une nuit (le drame fut heureusement évité). Après m’être renseignée, il s’avère qu’il s’agissait d’un groupe d’étrangers en sortie de club. Il est vrai que j’ai déjà pu voir de mes propres yeux et avoir eu vent de comportements d’étrangers assez énervants (disputes, échanges de coups, humiliation d’un chinois éméché en pleine rue la nuit…). Cette poignée d’étrangers répandent une image négative et biaisée de la population expatriée aux yeux des chinois, alors qu’il ne s’agit que d’une minorité. Mais ce comportement du « je me crois tout permis en dehors de mon pays » a pu jouer pour influencer le sentiment d’insécurité. Il semblerait donc que le harcèlement ou les agressions sexuelles à Pékin ne soient que des phénomènes marginaux (sous-entendu : plus marginaux qu’en France).

Cet article n’est pas là pour émettre un jugement, mais seulement pour décrire la comparaison d’un phénomène. Je ne nie pas donner ici un des (nombreuses) raisons qui fait que la vie à Pékin me paraît souvent plus simple que celle à Paris, et ce malgré ses propres aléas. Je ne cherche pas à encenser la Chine. Ce pays doit également connaître ses propres problèmes relatifs à l’égalité des sexes, mais je ne pense pas pouvoir les juger dans leur ensemble. De mes yeux, j’ai pu remarqué que le communisme avait plutôt eu un apport positif en terme d’égalité des sexes. J’ai l’impression que les préjugés usuels sont moins présents.

Il serait néanmoins intéressant de comprendre les raisons qui font qu’aborder une femme dans la rue soit plus courant à Paris qu’à Pékin. Reste donc ce constat : dans les rues de Pékin, être une femme ne crée pas de différences.

Chinoisement Vous

Rue pékin

La vie à l’Ambassade de France

Comme je vous l’avais certainement indiqué précédemment, j’ai la chance de travailler au sein de l’Ambassade de France en Chine, située à Pékin dans le quartier de Liangmaqiao (亮马桥). Celle-ci a été déplacée il y a trois ans : nous bénéficions donc de locaux neufs, dans lesquels il est agréable de travailler. Travailler à l’Ambassade apporte son lot d’histoires, que ce soit de grands événements ou des petites anecdotes, que je voudrais souvent évoquer sur ce blog mais que je mets de côté. Il était donc temps de faire un petit article pour vous présenter quelques événements importants qui ont pu avoir lieu, ou quelques-unes de ces anecdotes intéressantes.
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Le cinquantenaire France-Chine :

Premièrement, vous devez être conscients que cette année est très importante ici. En effet, c’est le cinquantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine. La France fut donc la première nation occidentale à reconnaître officiellement la République Populaire de Chine. La France a cette année décidé de faire les choses en grand pour célébrer cet anniversaire en organisant une série d’événements, que ce soit en France ou en Chine. Par exemple, en février, une grande soirée avait été organisée au Grand Palais avec différents spectacle. En Chine, l’Ambassade se doit d’être le vecteur de la célébration de cet anniversaire. Aux deux entrées de l’ambassade trônent donc de grands panneaux avec le logo de l’événement. A l’accueil dans le hall d’entrée, des petits badges sont disponibles avec ce même logo. L’événement le plus récent dont j’ai entendu parler est une adaptation chinoise du Petit Prince en spectacle.

Globalement, cet anniversaire est un succès. L’implication des français touche les chinois. Ma colocataire a abordé une fois le sujet, me disant qu’elle était touchée par une telle célébration. Elle m’a expliqué qu’elle a parfois l’impression que certains pays détestent la Chine, mais que ce n’était pas le cas pour la France, et que de tels événements confirmaient cette impression. Que la France ait accordé une importance particulière à cet anniversaire crée un réel climat d’amitié franco-chinoise selon elle.

(pour plus d’informations sur le cinquantenaire : http://www.france-chine50.com/fr )

 

Le départ de Madame l’Ambassadrice

Sur un ton moins joyeux, cette année était la dernière de Madame l’Ambassadrice Sylvie Bermann à l’ambassade de France en Chine. Celle-ci part en effet pour la cour Saint-James à Londres, ce qui va évidemment changer de Pékin. J’ai cru comprendre que celle-ci était énormément appréciée par la population chinoise. Elle connaît en effet très bien le pays et s’est énormément impliquée au cours de sa mission ici. Elle parle, en plus, un chinois parfait. Celle-ci a un parcours loin de ceux des diplomates habituels. Sa formation était tournée autour de la Chine, et je pense que ce genre de détails fait la différence.

Le 29 juillet était organisé un pot de départ en son honneur, au cours duquel celle-ci a pu nous adresser un discours dans lequel elle faisait le bilan de son expérience ici et nous présentait ses aux revoirs. Ce discours n’était pas sans émotion, et c’est les larmes aux yeux qu’elle a évoqué la fin de sa mission en Chine. Très naturelle, très honnête à propos de sa tristesse, elle envisage néanmoins son nouveau poste comme une opportunité riche en apports.

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La Fête Nationale française : image copie

Notre fête nationale était bien entendu l’occasion de rassembler la communauté française de Pékin autour de célébrations. Cette année n’a pas dérogé à la règle, puisque la fête a rassemblé pas moins de 1000 invités. Tenu dans les jardins de la Résidence de France, ce rassemblement se voulait encore plus beau que ceux des années précédentes -en raison du fameux cinquantenaire. Grandes tentes dans les jardins aux couleurs de la France, lampions géants, nombreux stands dans lesquels étaient distribué tous types de nourriture et de boissons françaises (par exemple : crêpes, glaces, fromages, charcuterie, vin et champagne…). Le génie de cette Garden Party était de n’être financée que par des sponsors (si certains contribuables s’inquiétaient en apprenant tout le faste de l’événement, les voilà rassurés). Mes amis de Pékin et moi avons bien entendu profité de ce moment agréable.

image[9]Les tentes dans les jardins, vues de mon étage

image(2)Boisson nationale

image(1)Madame l’Ambassadrice Sylvie Bermann

DSCN0973 DSCN0983 DSCN0992 DSCN0994  image[8]Une bande d’amis « Pékinois » français qui célèbrent la France

 

L’Appel du 18 Juin

La célébration de l’Appel du 18 Juin n’a pas été oubliée, puisqu’une petite cérémonie a été organisée. C’est dans la cour d’entrée de l’Ambassade qu’un discours a été prononcé, devant invités français et chinois – dont certains militaires et la marine- avec traducteurs. L’anecdote un peu amusante que j’ai pu noter est que le trompettiste qui a joué la Marseillaise à la fin des discours n’était autre qu’un … policier chinois ! Inutile de préciser que notre hymne national fut parfaitement joué.

 

Une anecdote moins amusante

Je termine sur une anecdote moins amusante, puisque cette petite histoire a même eu tendance à m’irriter sur le coup. Lors de l’événement « Vendre en pays tiers avec des partenaires chinois », j’ai eu pour mission d’accueillir les participants français à la guérite de sécurité à l’entrée de l’ambassade. J’avais pris un peu d’avance pour ne rater personne. Lorsque j’ai vu un homme arriver, j’ai préféré lui demander s’il participait à l’événement. Il m’a demandé de quel événement il s’agissait, question à laquelle je lui ai simplement répondu « Nous encourageons les partenariats franco-chinois pour les projets en Afrique et Amérique Latine ». Je ne m’attendais pas à ce qu’il me réponde « On va se faire bouffer ». Profonde réflexion que j’aurai pu entendre dans n’importe quel comptoir de Café du Commerce. Pour continuer, celui-ci avait oublié son passeport et s’impatientait auprès du personnel de la guérite de ne pas lui donner un badge aussitôt, sous prétexte qu’ils devraient le connaître. (Pour information, les personnes ne faisant pas partie du personnel de l’ambassade doivent normalement déposer leur passeport dans cette guérite, en l’échange duquel on leur délivre un badge visiteur. Il est normal que l’on n’entre pas dans une ambassade comme dans n’importe quel bâtiment et que celle-ci soit un tant soit peu sécurisée). Celui-ci , en même temps qu’il s’énervait à voix haute, me tendit sa carte de visite, sur laquelle je pus constater qu’il était un membre élu Conseiller pour la circonscription électorale d’Asie du Nord. Comment peut-on élire quelqu’un qui balance de tels clichés sur la Chine ? Je tiens à préciser qu’il a continué dans son délire, en expliquant qu’on se faisait « toujours bouffer par eux » (tout en soupirant pour montrer au personnel son mécontentement, et en glissant que « de toute façon, quand on voyaient le comportement des chinois… »). Je lui aurait bien fait rencontrer les entrepreneurs français qui sont arrivés peu après, qui avaient déjà eu des expériences très positives en partenariat avec une entreprise chinoise. Mais les gens bornés restent bornés, c’est triste.

 

Cependant, hormis ce dernier paragraphe, vous aurez constaté devant ce long article que la vie à l’Ambassade est plutôt sympathique. Au delà des petits cocktails organisés à certaines occasions, c’est un endroit riche en événements, haut symbole de l’amitié franco-chinoise. On ne peut s’y ennuyer.

 

Chinoisement vous.

 

Quand la France s’immisce dans la relation Chinafrique

Encourager des partenariats entre Français et Chinois dans d’autres pays ? Promouvoir l’investissement conjoint en Afrique ou dans les Caraïbes ?

Conférence

Être patron d’une entreprise française et décider de s’associer avec un chinois pour investir en Afrique ? C’est possible, cela peut être un investissement bien pensé, et c’est notamment ce dont Ubifrance a fait la promotion durant l’événement « Vendre en pays tiers avec des partenaires chinois ». C’est le premier événement auquel j’ai pris pars au cours de mon stage, et il fut pour le moins fort intéressant. Explications.

Du 16 au 18 juin 2014, Ubifrance tenait un événement mettant en contact une vingtaine d’entreprises françaises qui s’étaient déplacées pour l’occasion et de nombreuses entreprises chinoises, toutes appartenant aux secteurs des infrastructures, transports, industries, mais aussi environnement, ingénierie, énergie voire plus spécifique. L’événement recevait le soutien de l’Exim Bank of China -banque chinoise dédiée à l’import-export chinoise, spécialisée dans les investissements dans des projets à l’étranger- et notamment dans les grands projets de construction en pays Africains.

Comme vous le savez certainement, les entreprises chinoises ont déjà une présence forte dans d’autres pays, notamment sur le continent Africain et en Amérique latine. Cette présence est également renforcée par le fait que ces entreprises bénéficient de financements importants sur les marchés extérieurs, que ce soit grâce à leurs fonds propres ou à l’aide de financement provenant de banques telles que l’EXIM. Cependant, l’un des éléments clés qui peut ralentir leurs projets sur place est le manque d’expertise sur certains marchés étrangers, dont certaines entreprises chinoises souffrent. Notre mission pendant cet événement était de rendre ces rencontres entre entreprises chinoises et françaises fructueuses, en tablant du côté chinois sur le dynamisme des entreprises en pays étranger, et sur la compétence et l’expertise dont bénéficient les entreprises françaises.  Ces deux atouts différents encouragent des relations, et les mettre en commun avec des contrats tripartites concrets était un objectif clé. Les zones cibles par l’événement étaient l’Afrique et l’Amérique Latine, deux régions porteuses d’opportunités pour les projets étrangers.
Le premier jour, les entreprises françaises ont eu l’occasion de présenter leurs domaines d’activité, leurs intentions en pays cibles, mais également les projets qu’ellesavaient déjà réalisé en pays tiers et les expériences qu’elles en avaient tiré. Les domaines d’activités abordés étaient vraiment intéressants, et quelque part j’ai vraiment été satisfaite de pouvoir concrètement découvrir cette face de l’entreprenariat français. Il y avait par exemples une entreprise spécialisée dans les grands systèmes de synchronisation horaire (par exemple dans les aéroports), une autre chargée de la recherche et la fabrication d’isolateurs pour les lignes à haute tension, une spécialisée dans les équipements de la route, ou encore EGIS spécialisée dans la construction de bâtiments fonctionnels (stades, salles de spectacle…). Enfin des entreprises plus grandes et mieux connues du public, telles que Total ou Dassault Systèmes étaient également présentes, à la recherches de nouveaux contrats. La diversité des entreprises présentes m’a permis de découvrir des aspects techniques du domaine des infrastructures, des transports et de l’industrie, auxquels les individus ne pensent pas forcément mais qui sont néanmoins nécessaires. Après cette présentation, les entreprises ont également abordé les doutes, les craintes, ou les espoirs qu’elles avaient par rapport à de tels contrats tripartites. Pour clôturer la journée,  un atelier de travail autour des Ambassadeurs de l’Ile Maurice et de Colombie en Chine a permis aux participants français de bénéficier de leur vision concrète et prospective sur les partenariats tripartites qui existent au sein de leur pays et, plus globalement, de leurs continents respectifs.
 Le deuxième jour a vu la réunion de ces entreprises françaises avec toutes les entreprises chinoises que mon équipe avait réussi à convier – au total une soixantaine, mobilisées à haut niveau. Une conférence plénière ouverte par le Ministre Conseiller de l’Ambassade de France en Chine a ouvert la journée, et a débouché sur plus de 80 rendez-vous « Business to Business ». En dehors de ces rendez-vous planifiés, les pauses cafés et le repas étaient également l’occasion pour les entreprises de se rencontrer, discuter et se connecter entre elles. Par ailleurs, la conférence a permis certaines présentations techniques par des invités. Entre autres, un économiste est venu présenter les risques qui pouvaient exister en pays tiers ; le président du CIAN a présenté les spécificités du marché africain ; l’EXIM bank a présenté ses opportunités de financement.
Le troisième jour était constitué essentiellement de rendez-vous « B-to-B », pendant lesquelles les entreprises cherchaient à nouer des rapports concrets et dessiner des débuts de contrat.
Enfin, pour clôturer l’événement, un cocktail présidé par le Ministre Conseiller a rassemblé à l’Ambassade de France une vingtaine d’ambassadeurs et de ministres conseillers de pays tiers en poste en Chine ainsi qu’une demi-douzaine d’entreprises chinoises autour de la délégation française. Les représentants des entreprises françaises étaient globalement très satisfaits, certains ayant pu rencontrer de nombreux nouveaux contacts, et ont donc profité de ce cocktail de clôture pour nous en faire part.
Cette expérience -où en tant qu’agents d’une unité publique nous avons aidé des entreprises privées-  s’est révélée pour moi extrêmement  passionnante. Ce lien entre public et privé est typiquement ce que je recherchais dans ce stage. C’est peut-être idéaliste, mais j’avais cette impression de vraiment travailler pour l’intérêt général. Encourager les entreprises dans leurs activités m’a parut très utile.
Aider une entreprise qui construit des ponts ou des usines de traitement des eaux en Afrique est une des nombreuses manières de faire avancer les choses. Cet événement m’a sincèrement donné l’impression de travailler concrètement à la construction d’un monde meilleur.

Chinoisement vous.

 

team ITITeam ITI  A la fin du cocktail, mon équipe célèbre la réussite de l’événement. Une photo professionnelle, et une photo plus détendue avec mes collègues.