Ces petits délices quotidiens

Je me suis rendue compte que je ne parlais pas assez souvent de nourriture sur ce blog. Pourtant, la nourriture fait intégralement partie de ma vie (dans le sens : occupe une place centrale), et surtout de ma vie pékinoise. La Chine a pour avantage d’offrir une variété de délices dont je ne me lasse pas. Goûts, couleurs, saveurs : une vie entière ne suffit pas pour découvrir toute la palette gustative de ce pays. L’avantage suprême en termes de nourriture en Chine est également le rapport qualité prix des restaurants. Il est facile de ne pas se ruiner en allant très souvent au restaurant (le prix augmente néanmoins dès qu’il s’agit de nourriture occidentale, mais reste très abordable).

J’inaugure cette rubrique pour vous parler des raviolis chinois (jiaozi : 饺子).

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Raviolis de rue, à emporter

Les raviolis peuvent être fourrés avec de nombreuses farces différentes. Au coin des rues on les trouve souvent fourrés à la viande et aux légumes, ou seulement aux légumes (notamment au chou ou à la ciboule). C’est un plat très simple, souvent peu cher. Pour la petite histoire, les raviolis ont été inventés dans le nord-est de la Chine, où certaines familles ne pouvaient se permettre d’acheter beaucoup de viande lorsqu’elles recevaient des invités. Pour le cacher, celles-ci cuisinèrent des raviolis pour que les convives ne puissent remarquer la quantité minime de viande. Le raviolis se mange traditionnellement après avoir été trempé dans une sauce, mélange de vinaigre (醋)et de piment chinois (辣椒). C’est à vous de concocter votre sauce et de doser idéalement. Personnellement, je mets souvent beaucoup d’épices dedans.

J’aime manger des raviolis dans les petits restaurants de rue. Ceux-ci sont souvent cuits à la vapeur dans des petits paniers. Selon la variété proposée et le restaurant, de nombreuses farces différentes existent. La technique de cuisson est également diverse : bouillis à l’eau, bouillis dans de l’huile, frits, cuits et proposés en soupe.

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Hangzhou Xiaochi (杭州小吃): un petit « restaurant » près de mon ancien appartement. (Crédit photo : Margaux, avec qui j’ai mangé beaucoup de raviolis et bu beaucoup de Tsingtao dans ce petit coin de Pékin.

Cependant, j’ai également découvert des raviolis plus élaborés. En l’occurrence, dans le sous-sol du centre commercial situé près de l’ambassade de France se trouve une espèce de cantine. Elle propose différents stands, dont un dédié aux raviolis. Les raviolis ne sont pas encore prêts : il y a différents bols remplis de garniture, et il vous suffit alors de choisir celle que vous désirez pour que les cuisiniers procèdent au roulage. J’aime beaucoup ce stand, qui propose des choix plus variés que les simples raviolis du coin de la rue. Plus particulièrement, ils s’accordent très bien à mon végétarisme puisque certaines farces sont sans viande. Je ne me suis jamais lassée de ces deux choix : carottes-omelette et aneth-omelette. C’est absolument délicieux.

 IMG_2417 IMG_2419La préparation sur place

IMG_2420Les raviolis prêts à être dégustés (avec leur petite sauce vinaigre-piment sur le côté).

Plus récemment, j’ai découvert un restaurant qui propose également des farces variées, et vous propose l’option de vous amener les raviolis colorés. Ce restaurant était sur ma liste des endroits à faire avant de quitter la Chine, et je ne me suis pas faite prier. J’ai donc été déjeuner ces délicieux arc-en-ciel hier midi avec ma collègue Laure (ma collègue). Parmi les choix proposés : mélange de légumes verts, crevettes et concombre, champignons et grains de moutarde, noix et légumes. Je me suis régalée.

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 Mettons des couleurs à la table.

Les jiaozi, c’est un trait important de la culture culinaire chinoise, décliné dans de nombreuses saveurs, que ce soit dans les restaurants les plus populaires ou les plus raffinés. Et qu’importe l’endroit où vous en mangez, c’est souvent un délice. Bon appétit !

Chinoisement vous.

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Pékin et mon vélo : une grande histoire d’amour

Après avoir passé mes trois premiers mois ici sans vélo, j’ai finalement décidé de réinvestir dans un bolide à la fin du mois d’août à l’occasion de mon déménagement. Je m’en étais passé ces premiers mois, tout d’abord en raison de la chaleur beaucoup trop accablante mais également parce que je pensais que le chemin pour aller au travail serait peut-être trop difficile. Surtout, mon ancien appartement était situé tout près des arrêts de bus et je ne ressentais pas spécialement la nécessité d’en acheter un.

Puis mon déménagement est arrivé. Celui-ci tombait pile à la fin du mois d’août, au moment où je savais que les températures s’apprêtaient à redescendre à un niveau à peu près acceptable. Mon nouvel appartement est situé dans une résidence qui occupe un lieu central dans la ville. Il est dans un quartier bien desservi, mais étonnement prendre le bus allait rallonger mon temps de transport. Puis j’avais envie de refaire du vélo de nouveau, de sentir la ville sous mes pneus crissant. Je me suis donc rendue chez le marchand de vélo, et lui ai demandé un vélo d’occasion. Je n’avais en effet pas envie d’investir dans un bolide flambant neuf, considérant qu’il ne me restait qu’un peu plus de deux mois ici. Le seul vélo de seconde main qu’il avait était un vélo riquiqui et tout rose. Je l’ai essayé, et comme le dit le proverbe « L’essayer, c’est l’adopter ! ».

Je l’ai surnommé Mini-Barbie.

Il est rose, il est petit : c’est une mini-Barbie (en vrai mon amie Marguerite avait auparavant prénommé son vélo – de taille normale et rose- « Barbie », je me suis donc quelque peu inspirée de son idée).

Ma minie Barbie !

Ah, le bougre. Ce vélo mignon m’en aura causé des soucis. (Mais il était tellement peu cher… !)Dès son premier trajet vers l’ambassade, un pneu a crevé. Oups ! Heureusement, il y avait un réparateur non loin de ‘endroit de l’accident. Puis des nombreux déraillements sont survenus. Bon, comme je ne savais pas remettre la chaine en place (à l’époque, maintenant je sais !), cela m’a permis d’accoster des passants dans la rue pour leur demander leur aide généreuse. Un jour, la chaîne s’est même bloquée complètement dans le mécanisme : impossible de la remettre en place à mains nues ! Le guidon par ailleurs n’est pas bien centré et me semble instable (j’ai l’impression qu’il peut se séparer du vélo à tout moment). Mais mon vélo je l’aime quand même très fort.

image(1) copieMini-Barbie en pleine réparation

Avec lui le soir, je double toutes les voitures piégées dans les embouteillages interminables de Pékin. J’emprunte des raccourcis qui me font découvrir des ruelles toutes calmes -écartées des grandes artères- dans lesquelles règne une atmosphère paisible. Avec lui je n’ai plus besoin de m’énerver en attendant un bus qui ne vient pas. Je suis indépendante. Je sors de chez moi : j’enfourche Mini-Barbie. Je sors du travail : j’enfourche Mini-Barbie. C’est plutôt simple. Et puis tout cumulé ça me fait bien 40 minutes minimum de vélo par jour : quel athlétisme ! Enfin, les distances sont sacrément diminuées lorsque vous prenez le vélo plutôt que parcourir la distance à la marche. Autant de bonnes raisons de l’avoir acheté.

Et puis parcourir une ville à vélo, c’est toujours très agréable. Se mouvoir sans un effort très poussé, la sensation de glisser tout en pouvant contempler la ville. J’aime rentrer le soir, avec les températures qui sont redescendues et la nuit qui est tombée, (sentir toute cette belle pollution qui s’insère dans ses poumons) sentir l’air frais en pédalant, contempler tous les arbres qui prennent une allure orangée avec l’automne.

image(1)photo(2) copieLes jolies vues automnales, sur mon vélo

Je regrette néanmoins que les voitures empiètent de plus en plus dans l’espace destiné aux vélos à Pékin. La semaine dernière, de nombreuses voitures tentaient de dépasser les bouchons en empruntant la file réservée aux deux-roues. Elles étaient hélas bien trop nombreuses pour que leur stratégie s’avère efficace. Puis ce n’était pas vraiment pratique pour nous.

Il m’arrive également de me faire des frayeurs, surtout au carrefour de Dongzhimen (东直门), que j’emprunte tous les jours. Parfois les voitures déboulent sans ralentir, certains ne vous laissent pas la priorité. Et puis cette manie qu’ont les chinois de klaxonner à tout va me prend parfois un peu les nerfs… Il est vrai que depuis que j’utilise mon vélo, j’insulte beaucoup de gens dans ma tête. Mais j’essaye de garder en tête l’apport positif : c’est une immersion dans la manière de conduire pékinoise, et ça développe mes réflexes.

Mais en dehors de ça, j’aime vraiment cette culture du vélo à Pékin. Cette facilité pour se procurer un vélo bon marché, mais aussi la présence de petits réparateurs à de nombreux coins de rues qui peuvent vous régler votre problème en cinq minutes chrono. Le fait que ce ne soit pas étonnant d’avoir au moins 100 vélos devant mon entrée d’immeuble, ou de le remonter à son étage pour ne pas se le faire voler. J’aime également le fait que beaucoup de personnes lambda sachent réparer les petits dérèglements des vélos : hier, arrêtée pour remettre la chaîne de mon vélo, un vieil homme s’est arrêté naturellement en me disant « je vais t’aider », puis un troisième pour porter le vélo. J’ai trouvé ça vraiment gentil et cordial. Mon vélo me montre aussi tous ces aspects positifs.

Accessoires véloPetit stand de rue d’accessoires pour vélo

Vous l’avez compris, ceci était une déclaration d’amour à mon vélo.

Je t’aime Mini-Barbie ! (mais je te vendrai quand même avant de partir !).

 

Chinoisement vous

Bref, j’ai les cheveux roses

Voilà quelques temps que je n’avais pas rédigé un petit article sur le blog. Entre le travail, les sorties, la Beijing Design Week (qui mérite d’ailleurs bien un petit article), la venue de ma mère pour une semaine qui nous a amené à passer une semaine à Chengdu, je n’avais plus pris le temps d’écrire. J’ai donc trouvé un sujet un peu détendu pour rompre ce silence : les cheveux.

La Chine est je pense un endroit où quelques étrangers décident de franchir un certain type de caps capillaires (essayez de dire ça très vite). Lorsque je parle de « caps », j’entends des looks un peu hors du commun, qu’on afficherait difficilement ailleurs (entendez par là : surtout en France). Ce n’est pas la majorité des gens, mais beaucoup finissent par succomber : dreadlocks, cheveux courts type coupe garçonne, cheveux de couleur inhabituelle…

Il y a deux ans, alors en Chine, je m’étais lassée du regard persistant des passants sur moi. J’avais attribué ça à mon type de cheveux : très bouclé, et plutôt clair à l’époque. J’avais donc décidé de changer un peu cette situation en me rendant chez le coiffeur local afin de me faire une teinture brune. J’avais donc pointé la mèche brune sur le catalogue des couleurs, prête à me transformer. Sauf que la couleur devait certainement être un produit réservé aux cheveux asiatiques, bien noirs : sur moi, elle a fini orange. Littéralement (photos interdites). J’ai donc été traumatisée. Par chance, la couleur s’est transformée vers des teintes plus jolies : foncé à reflets rouge, châtain à reflet roux, pour finalement presque tourner au blond miel l’été venu (ce qui avec mes racines faisait un tye and die naturel, ce qui m’a valu des réactions positives à mon retour en France alors que pauvre de moi, je ne connaissais même pas cette mode).

Quoiqu’il en soit cette expérience avait été l’occasion de parler capillarité avec de nombreuses personnes, révélant au passage certains secrets cachés. « J’aimerai bien me teindre les cheveux en bleu et blanc »  « J’aimerai me les couper très court et les teindre en rouge », avais-je pu entendre. Oui oui, ce genre de rêve d’adolescente qu’on garde dans un coin de sa tête.

Moi, au fond de moi, j’ai toujours voulu être brune. Depuis peut-être le collège. J’ai d’ailleurs été brune l’an dernier et j’étais très satisfaite (« j’ai été », car la couleur finit toujours par dégorger). En revanche, une autre envie, beaucoup plus petite et de l’ordre du « délire du moment » était déjà venue dans ma tête : avoir des mèches roses. Compte tenu de la toxicité d’une telle couleur et de la nature fragile de mes cheveux, il était inconcevable de me faire des mèches sur toutes la longueur du cheveux.

Il s’avère que depuis mon retour en Chine je suis tombée sur des chinoises qui pratiquent le « dip dye hair » : colorer seulement la pointe. L’idée a un peu germé en moi : je fais, je fais pas ? Si j’en avais toujours eu un peu envie : autant le faire non ? D’autant plus que dès que ça ne me plairait plus, soit je referais une coloration brune par dessus, soit je couperai les pointes. Franchir le pas est d’autant plus facile que je suis en Chine : moins de personnes me jugeront, et si les gens me fixent ça ne fera rien puisqu’il le font déjà ! Qui plus est, je suis encore étudiante, et il est plus difficile d’assumer un tel style dans la vie active, donc autant en profiter…

Vous l’aurez compris : j’ai franchi le pas ! (YOLO !)

Jeudi, direction un salon coréen de 五道口(celui à côté de Tous les Jours Bakery), où photo à l’appui j’explique ce que je veux : du rose aux pointes, mais pas sur toute la longueur hein ! Le salon est orné de photographies polaroïd de colorations réalisées : en dehors des traditionnel bruns, blond, etc : on trouve de toutes les couleurs : du bleu, du vert, du violet, du rose, des variations arc-en-ciel. Je suis à la bonne adresse. (J’ai d’ailleurs vu des coiffeuses – chinoises- teintes en blonde cendrée, et je dois avouer que la coloration était parfaite). Le coiffeur me montre d’autres photos sur son portable d’autres coiffures qu’ils ont réalisé, et je donne mon accord définitif.

photo(2)Avant la coloration, avec ma partenaire de crime Marguerite

Vous l’aurez compris, mon souhait a été assouvi.

Bref, j’ai les cheveux roses.

cheveux rose

roseEt voilà le travail…

Chinoisement Vous

PS : Ici ça passe bien, j’ai le droit à de gentils commentaires. Même mon boss m’a dit que c’était cool (Let’s rock the Embassy !) Mais je me demande comment ça passera de retour en France… Enfin quoiqu’il arrive, j’ai suivi ma politique du « No regrets » et je suis contente de l’avoir fait au moins une fois dans ma vie.

La Fête de la Lune (ou Fête de la Mi-Automne) – 中秋节

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Voilà deux semaines que je voulais écrire un court article pour vous parler de la Fête de la Lune (ou fête de la Mi-Automne). Mais j’ai été prise dans un travail plus poussé ces dernières semaine en raison de la préparation d’un salon professionnel qui eut lieu la semaine dernière à Shenyang (China-Europa : Energy and quality of life). C’est un peu idiot d’en parler si tard, d’autant plus que je voulais que ça ait l’air anecdotique : mais je vais qu’en même le faire.

Le lundi 8 septembre, j’avais donc eu la chance de ne pas travailler. C’était la fête de la Lune, fête célébrée tous les ans en Chine et qui offre donc un jour férié.

J’avais peut-être déjà abordé le sujet de cette fête il y a deux ans, à l’occasion de laquelle j’étais en Mongolie Intérieure. Cette année j’étais à Pékin. J’aime particulièrement cette fête, car elle célèbre un astre que je trouve particulièrement beau : la Lune. Par ailleurs, elle représente la réunion et l’unité de la famille (ou des proches).

La fête de la Lune, comme toutes les fêtes chinoises, ne revient pas à date fixe. Chaque année, sa date change en fonction du calendrier lunaire. Elle offre un jour de congé aux chinois.

A cette occasion, on déguste des gâteaux de Lune. Ceux-ci peuvent être fourrés à différents ingrédients : fleur de lotus, graines de sésames, noix, patte de haricots rouges, œufs. Quelques semaines avant la fête en elle-même, on voit fleurir toutes sortes de promotions. La gamme des gâteaux de lune est très variée, et peut aller du simple gâteau de supermarché à des gâteaux aux goûts sophistiqués et mis en valeurs dans de beaux écrins dans les plus belles boutiques.

IMG_3904Exemple de gâteau de Lune, qu’on peut trouver dans un supermarché.

 

Mais le plus important, c’est l’idée de la fête en elle-même : à l’image de la pleine lune – censée être la plus grosse et la plus ronde à cette date précise- on célèbre l’union avec sa famille, l’unité avec les gens qu’on aime. Les familles se réunissent donc, et vont généralement observer la Pleine Lune ensemble. N’est-ce pas poétique ?

Je savoure chaque année cette fête. Et bien que loin de mes proches, j’ai profité ce soir là d’un astre bienveillant et en effet terriblement beau qui brillait dans le ciel. Après tout, les êtres qui me sont chers mais vivent à 8000 km voyaient la même lune. 🙂

 

Chinoisement vous.

 

 

La vie à l’Ambassade de France

Comme je vous l’avais certainement indiqué précédemment, j’ai la chance de travailler au sein de l’Ambassade de France en Chine, située à Pékin dans le quartier de Liangmaqiao (亮马桥). Celle-ci a été déplacée il y a trois ans : nous bénéficions donc de locaux neufs, dans lesquels il est agréable de travailler. Travailler à l’Ambassade apporte son lot d’histoires, que ce soit de grands événements ou des petites anecdotes, que je voudrais souvent évoquer sur ce blog mais que je mets de côté. Il était donc temps de faire un petit article pour vous présenter quelques événements importants qui ont pu avoir lieu, ou quelques-unes de ces anecdotes intéressantes.
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Le cinquantenaire France-Chine :

Premièrement, vous devez être conscients que cette année est très importante ici. En effet, c’est le cinquantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine. La France fut donc la première nation occidentale à reconnaître officiellement la République Populaire de Chine. La France a cette année décidé de faire les choses en grand pour célébrer cet anniversaire en organisant une série d’événements, que ce soit en France ou en Chine. Par exemple, en février, une grande soirée avait été organisée au Grand Palais avec différents spectacle. En Chine, l’Ambassade se doit d’être le vecteur de la célébration de cet anniversaire. Aux deux entrées de l’ambassade trônent donc de grands panneaux avec le logo de l’événement. A l’accueil dans le hall d’entrée, des petits badges sont disponibles avec ce même logo. L’événement le plus récent dont j’ai entendu parler est une adaptation chinoise du Petit Prince en spectacle.

Globalement, cet anniversaire est un succès. L’implication des français touche les chinois. Ma colocataire a abordé une fois le sujet, me disant qu’elle était touchée par une telle célébration. Elle m’a expliqué qu’elle a parfois l’impression que certains pays détestent la Chine, mais que ce n’était pas le cas pour la France, et que de tels événements confirmaient cette impression. Que la France ait accordé une importance particulière à cet anniversaire crée un réel climat d’amitié franco-chinoise selon elle.

(pour plus d’informations sur le cinquantenaire : http://www.france-chine50.com/fr )

 

Le départ de Madame l’Ambassadrice

Sur un ton moins joyeux, cette année était la dernière de Madame l’Ambassadrice Sylvie Bermann à l’ambassade de France en Chine. Celle-ci part en effet pour la cour Saint-James à Londres, ce qui va évidemment changer de Pékin. J’ai cru comprendre que celle-ci était énormément appréciée par la population chinoise. Elle connaît en effet très bien le pays et s’est énormément impliquée au cours de sa mission ici. Elle parle, en plus, un chinois parfait. Celle-ci a un parcours loin de ceux des diplomates habituels. Sa formation était tournée autour de la Chine, et je pense que ce genre de détails fait la différence.

Le 29 juillet était organisé un pot de départ en son honneur, au cours duquel celle-ci a pu nous adresser un discours dans lequel elle faisait le bilan de son expérience ici et nous présentait ses aux revoirs. Ce discours n’était pas sans émotion, et c’est les larmes aux yeux qu’elle a évoqué la fin de sa mission en Chine. Très naturelle, très honnête à propos de sa tristesse, elle envisage néanmoins son nouveau poste comme une opportunité riche en apports.

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La Fête Nationale française : image copie

Notre fête nationale était bien entendu l’occasion de rassembler la communauté française de Pékin autour de célébrations. Cette année n’a pas dérogé à la règle, puisque la fête a rassemblé pas moins de 1000 invités. Tenu dans les jardins de la Résidence de France, ce rassemblement se voulait encore plus beau que ceux des années précédentes -en raison du fameux cinquantenaire. Grandes tentes dans les jardins aux couleurs de la France, lampions géants, nombreux stands dans lesquels étaient distribué tous types de nourriture et de boissons françaises (par exemple : crêpes, glaces, fromages, charcuterie, vin et champagne…). Le génie de cette Garden Party était de n’être financée que par des sponsors (si certains contribuables s’inquiétaient en apprenant tout le faste de l’événement, les voilà rassurés). Mes amis de Pékin et moi avons bien entendu profité de ce moment agréable.

image[9]Les tentes dans les jardins, vues de mon étage

image(2)Boisson nationale

image(1)Madame l’Ambassadrice Sylvie Bermann

DSCN0973 DSCN0983 DSCN0992 DSCN0994  image[8]Une bande d’amis « Pékinois » français qui célèbrent la France

 

L’Appel du 18 Juin

La célébration de l’Appel du 18 Juin n’a pas été oubliée, puisqu’une petite cérémonie a été organisée. C’est dans la cour d’entrée de l’Ambassade qu’un discours a été prononcé, devant invités français et chinois – dont certains militaires et la marine- avec traducteurs. L’anecdote un peu amusante que j’ai pu noter est que le trompettiste qui a joué la Marseillaise à la fin des discours n’était autre qu’un … policier chinois ! Inutile de préciser que notre hymne national fut parfaitement joué.

 

Une anecdote moins amusante

Je termine sur une anecdote moins amusante, puisque cette petite histoire a même eu tendance à m’irriter sur le coup. Lors de l’événement « Vendre en pays tiers avec des partenaires chinois », j’ai eu pour mission d’accueillir les participants français à la guérite de sécurité à l’entrée de l’ambassade. J’avais pris un peu d’avance pour ne rater personne. Lorsque j’ai vu un homme arriver, j’ai préféré lui demander s’il participait à l’événement. Il m’a demandé de quel événement il s’agissait, question à laquelle je lui ai simplement répondu « Nous encourageons les partenariats franco-chinois pour les projets en Afrique et Amérique Latine ». Je ne m’attendais pas à ce qu’il me réponde « On va se faire bouffer ». Profonde réflexion que j’aurai pu entendre dans n’importe quel comptoir de Café du Commerce. Pour continuer, celui-ci avait oublié son passeport et s’impatientait auprès du personnel de la guérite de ne pas lui donner un badge aussitôt, sous prétexte qu’ils devraient le connaître. (Pour information, les personnes ne faisant pas partie du personnel de l’ambassade doivent normalement déposer leur passeport dans cette guérite, en l’échange duquel on leur délivre un badge visiteur. Il est normal que l’on n’entre pas dans une ambassade comme dans n’importe quel bâtiment et que celle-ci soit un tant soit peu sécurisée). Celui-ci , en même temps qu’il s’énervait à voix haute, me tendit sa carte de visite, sur laquelle je pus constater qu’il était un membre élu Conseiller pour la circonscription électorale d’Asie du Nord. Comment peut-on élire quelqu’un qui balance de tels clichés sur la Chine ? Je tiens à préciser qu’il a continué dans son délire, en expliquant qu’on se faisait « toujours bouffer par eux » (tout en soupirant pour montrer au personnel son mécontentement, et en glissant que « de toute façon, quand on voyaient le comportement des chinois… »). Je lui aurait bien fait rencontrer les entrepreneurs français qui sont arrivés peu après, qui avaient déjà eu des expériences très positives en partenariat avec une entreprise chinoise. Mais les gens bornés restent bornés, c’est triste.

 

Cependant, hormis ce dernier paragraphe, vous aurez constaté devant ce long article que la vie à l’Ambassade est plutôt sympathique. Au delà des petits cocktails organisés à certaines occasions, c’est un endroit riche en événements, haut symbole de l’amitié franco-chinoise. On ne peut s’y ennuyer.

 

Chinoisement vous.