Pékin et mon vélo : une grande histoire d’amour

Après avoir passé mes trois premiers mois ici sans vélo, j’ai finalement décidé de réinvestir dans un bolide à la fin du mois d’août à l’occasion de mon déménagement. Je m’en étais passé ces premiers mois, tout d’abord en raison de la chaleur beaucoup trop accablante mais également parce que je pensais que le chemin pour aller au travail serait peut-être trop difficile. Surtout, mon ancien appartement était situé tout près des arrêts de bus et je ne ressentais pas spécialement la nécessité d’en acheter un.

Puis mon déménagement est arrivé. Celui-ci tombait pile à la fin du mois d’août, au moment où je savais que les températures s’apprêtaient à redescendre à un niveau à peu près acceptable. Mon nouvel appartement est situé dans une résidence qui occupe un lieu central dans la ville. Il est dans un quartier bien desservi, mais étonnement prendre le bus allait rallonger mon temps de transport. Puis j’avais envie de refaire du vélo de nouveau, de sentir la ville sous mes pneus crissant. Je me suis donc rendue chez le marchand de vélo, et lui ai demandé un vélo d’occasion. Je n’avais en effet pas envie d’investir dans un bolide flambant neuf, considérant qu’il ne me restait qu’un peu plus de deux mois ici. Le seul vélo de seconde main qu’il avait était un vélo riquiqui et tout rose. Je l’ai essayé, et comme le dit le proverbe « L’essayer, c’est l’adopter ! ».

Je l’ai surnommé Mini-Barbie.

Il est rose, il est petit : c’est une mini-Barbie (en vrai mon amie Marguerite avait auparavant prénommé son vélo – de taille normale et rose- « Barbie », je me suis donc quelque peu inspirée de son idée).

Ma minie Barbie !

Ah, le bougre. Ce vélo mignon m’en aura causé des soucis. (Mais il était tellement peu cher… !)Dès son premier trajet vers l’ambassade, un pneu a crevé. Oups ! Heureusement, il y avait un réparateur non loin de ‘endroit de l’accident. Puis des nombreux déraillements sont survenus. Bon, comme je ne savais pas remettre la chaine en place (à l’époque, maintenant je sais !), cela m’a permis d’accoster des passants dans la rue pour leur demander leur aide généreuse. Un jour, la chaîne s’est même bloquée complètement dans le mécanisme : impossible de la remettre en place à mains nues ! Le guidon par ailleurs n’est pas bien centré et me semble instable (j’ai l’impression qu’il peut se séparer du vélo à tout moment). Mais mon vélo je l’aime quand même très fort.

image(1) copieMini-Barbie en pleine réparation

Avec lui le soir, je double toutes les voitures piégées dans les embouteillages interminables de Pékin. J’emprunte des raccourcis qui me font découvrir des ruelles toutes calmes -écartées des grandes artères- dans lesquelles règne une atmosphère paisible. Avec lui je n’ai plus besoin de m’énerver en attendant un bus qui ne vient pas. Je suis indépendante. Je sors de chez moi : j’enfourche Mini-Barbie. Je sors du travail : j’enfourche Mini-Barbie. C’est plutôt simple. Et puis tout cumulé ça me fait bien 40 minutes minimum de vélo par jour : quel athlétisme ! Enfin, les distances sont sacrément diminuées lorsque vous prenez le vélo plutôt que parcourir la distance à la marche. Autant de bonnes raisons de l’avoir acheté.

Et puis parcourir une ville à vélo, c’est toujours très agréable. Se mouvoir sans un effort très poussé, la sensation de glisser tout en pouvant contempler la ville. J’aime rentrer le soir, avec les températures qui sont redescendues et la nuit qui est tombée, (sentir toute cette belle pollution qui s’insère dans ses poumons) sentir l’air frais en pédalant, contempler tous les arbres qui prennent une allure orangée avec l’automne.

image(1)photo(2) copieLes jolies vues automnales, sur mon vélo

Je regrette néanmoins que les voitures empiètent de plus en plus dans l’espace destiné aux vélos à Pékin. La semaine dernière, de nombreuses voitures tentaient de dépasser les bouchons en empruntant la file réservée aux deux-roues. Elles étaient hélas bien trop nombreuses pour que leur stratégie s’avère efficace. Puis ce n’était pas vraiment pratique pour nous.

Il m’arrive également de me faire des frayeurs, surtout au carrefour de Dongzhimen (东直门), que j’emprunte tous les jours. Parfois les voitures déboulent sans ralentir, certains ne vous laissent pas la priorité. Et puis cette manie qu’ont les chinois de klaxonner à tout va me prend parfois un peu les nerfs… Il est vrai que depuis que j’utilise mon vélo, j’insulte beaucoup de gens dans ma tête. Mais j’essaye de garder en tête l’apport positif : c’est une immersion dans la manière de conduire pékinoise, et ça développe mes réflexes.

Mais en dehors de ça, j’aime vraiment cette culture du vélo à Pékin. Cette facilité pour se procurer un vélo bon marché, mais aussi la présence de petits réparateurs à de nombreux coins de rues qui peuvent vous régler votre problème en cinq minutes chrono. Le fait que ce ne soit pas étonnant d’avoir au moins 100 vélos devant mon entrée d’immeuble, ou de le remonter à son étage pour ne pas se le faire voler. J’aime également le fait que beaucoup de personnes lambda sachent réparer les petits dérèglements des vélos : hier, arrêtée pour remettre la chaîne de mon vélo, un vieil homme s’est arrêté naturellement en me disant « je vais t’aider », puis un troisième pour porter le vélo. J’ai trouvé ça vraiment gentil et cordial. Mon vélo me montre aussi tous ces aspects positifs.

Accessoires véloPetit stand de rue d’accessoires pour vélo

Vous l’avez compris, ceci était une déclaration d’amour à mon vélo.

Je t’aime Mini-Barbie ! (mais je te vendrai quand même avant de partir !).

 

Chinoisement vous

Publicités

Mon père est en ville

Du fait de son métier, mon père a parfois l’occasion de venir me rendre visite quelques jours. C’est généralement très court, mais ça fait du bien. (ça fait toujours plaisir de voir son papounet d’amour !). Je lui raconte ma vie, il me raconte comment ça se passe pour la famille. Nous débattons sur des sujets divers. Je lui montre pourquoi la Chine est un pays génial (en lui faisant découvrir un endroit, quelque chose à manger ou à boire). J’essaye de lui montrer que j’ai fait des progrès en mandarin… etc.

Je profite souvent de notre première soirée ensemble pour écrire un article sur mon blog, car à cause du décalage horaire et de son vol exténuant, il s’endort bien avant moi. Le personnel de l’hôtel me connaît désormais un peu, surtout une dame à l’étage où une salle spéciale permet de se reposer et se restaurer un peu. Rempli de francophones, l’hôtel compte un personnel habitué à parler anglais et français, et c’est donc la surprise que je crée quand je m’exprime en chinois. Ça fait rire mon père, et je suis contente qu’il en soit ainsi…

En dehors de ça, il y a également le petit moment « ravitaillement ». Il me ramène des affaires de la maison dont j’ai besoin (du type vêtement), ainsi que diverses courses. L’autre fois il y avait des tablettes de chocolat, du vin et du crémant (ainsi que toute une valise de vêtements d’hiver). Cette fois c’est ma mère qui s’est chargée de m’acheter des trucs. En plus de la nourriture elle a mis dans la livraison des cosmétiques (dont certains que je n’avais pas demandé !). Et mon père m’a rammené deux livres ainsi que d’autres matériels.. Ah, décidément, j’aime ma famille !

Sur cette journée qui se finit bien, je vous laisse. Je vais savourer ces quelques jours en compagnie de mon 爸爸 !

Chinoisement vous.

Un Hutong (胡同) et des retrouvailles

Dimanche dernier, j’ai passé une journée très symathique en dehors du campus. Cela faisait quelques temps que je voulais revoir Xifan, une étudiante chinoise à Beiwai (une autre université prestigieuse de Pékin). Xifan, je l’ai rencontrée il y a quelques mois à Sciences Po, où elle était en échange. Nous partagions un même cours “Les récits de voyages en Asie”, cours très singulier donné par le Sinologue Jean-Luc Domenach. De ce que j’ai entendu, certains sont de fervents défenseurs de l’opinion qu’il a de la Chine et de son histoire récente, tandis que d’autres dénoncent des facilités voire des formes d’agression et d’insultes envers ce pays. Mon envie étant de simplement redonner le contexte de ma rencontre avec Xifan, je vais éviter de m’attarder sur Monsieur Domenach et ses écrits, cela n’étant pas le propos. Toujours est il que le cours qu’il proposait changeait radicalement de ceux auxquels nous étions habitués. Il s’agissait de mélanger experiences personnelles, écrits littéraires classiques sur le voyages, débats et prises d’opinion sur qu’est-ce qu’un voyage et comment le raconter. Notre classe était très hétérogène, constituée à la fois de français et de beaucoup d’étudiants internationaux, mais il faut préciser qu’il y avait 4 chinois. Le professeur jugeait essentiel que nous fassions tout au long du semester des “présentations”, sortes d’exposés beaucoup plus libres qui pouvaient piocher dans des arts et d’autres matériaux. La consigne était plutôt souple, le résultat final devant simplement aboutir à montrer certains points du voyage qui auraient pu nous sembler cruciaux. Ce travail de validation de semestre devait se faire en groupes, que le professeur constitua de façon mixtes, mélant ainsi différentes nationalités. Xifan et moi étions dans le même groupe (ainsi que Elise, qui tient également un blog de 3A, qu’elle effectue à New Dehli, en Inde).

Il y a beaucoup à dire sur cette présentation finale qui –selon moi- était plutôt réussie. Nous avions en outre développé un récit épistolaire autour de deux personnages chinoises et deux françaises, chacunes coincées dans ses clichés sur l’autre avant un voyage, puis l’évolution de leurs points de vue après avoir voyage.

Au cours de l’élaboration de ce faux-exposé, je me suis familiarisée avec Xifan – et sachant que j’allais à Pékin, nous avions prévu de nous revoir.

Ayant repris contact avec elle, elle m’a donc proposé d’aller visiter le hutong (胡同) « 南鑼鼓巷 », quartier traditionnel ayant été restauré et abritant désormais de nombreuses petites échoppes, restaurants et stands de nourritures à emporter. Il faut préciser que l’endroit attire désormais beaucoup de monde et voit donc certains de ses prix (notamment pour les restaurants) être supérieurs à la moyenne. Contente de revoir Xifan, sortir un peu du campus (qui est certes génial mais qui m’enferme peut-être dans une bulle d’irréalité), et aller dans un 胡同(alors que ce sont une des spécificités de Pékin), tout en étant sûre de recevoir les anecdotes de ma « guide » chinoise, j’ai donc accepté avec plaisir cette proposition.

Elle m’avait donné rendez-vous à la station de métro 平安里, sur la ligne 4, d’où nous avons pris un taxi pour rejoindre le lieu en question. Quel plaisir –après le métro- de profiter d’un plaisir visuel. Le trajet nous a permis de voir des bâtiments typiquement chinois, très « vielle Chine ». La destruction programmée du patrimoine historique et culturel peut faire mal au cœur, mais c’est surtout lorsqu’on passe de buildings et de constructions sans âme à ces quartiers pleins de vie qu’on en réalise pleinement l’erreur. Arrivée à l’entrée de la ruelle principale du Hutong, un détail de taille marque tout de suite l’entrée : les lanternes rouges !

Les lanternes suspendues aux arbres, à l’entrée de la ruelle principale

Xifan m’explique que pour sa part, elle n’est pas adepte des lanternes rouges. Celles-ci lui rappellent les histoires d’épouvante qu’on lui racontait lorsqu’elle était petite. « Une maison traditionnelle la nuit, avec seulement une lanterne rouge à l’entrée… ». Cette atmosphère me plaît, mais pour elle ça équivaut à parler d’un manoir sombre et isolé…

Il y a beaucoup de badauds qui se promènent dans la ruelle principale. Celle-ci a été rénovée tandis que d’autres sont encore d’époques et restent donc des habitations. Xifan me glisse à l’oreille qu’une des cours carrés était la résidence temporaire de Tchang Kaï-chek, (en chinois simplifié 蒋介石, se prononçant Jiǎng Jièshí). Nous progressons donc à travers cette ruelle pleine de charmes qui joue savamment avec le style chinois tout en étant décorée de manière plus clinquante pour attirer les passants.

Quelques photos de la ruelle principale, ainsi que d’une perpendiculaire

Dans la rue, j’ai posé avec un chinois complètement maquillé. On ne peut pas faire plus touriste je suppose. Notez que j’aime bien les éventails.

 

Au niveau des commerces, nous pouvons trouver de tout. Des souvenirs, des carnets, des cartes postales, des estampes typiquement chinoises tout comme des babioles parfois « humoristiques ». Les vendeurs de nourritures sont également nombreux et nous nous sommes délectées d’une sorte de crêpe salée taïwanaise garnies d’herbe et d’une sorte de pain, ainsi que de sauces. D’ailleurs, j’en profite pour glisser une anecdote : lorsque nous faisions la queue pour acheter notre nourriture, nous avons entendu la chanson du groupe « Tragedie » : « Hey ho ». Ré-entendre cette chanson fait déjà bizarre, mais la ré-entendre en Chine… Je vous laisse deviner l’effet que ça peut faire. Je n’ai pas pu m’empêcher de la chanter, en me souvenant tant bien que mal de ses paroles si profondes… attirant au passage des regards curieux et amusés. Pour revenir à ce qu’on peut trouver dans la ruelle principale, rien de mieux qu’un petit assortiment de photos pour vous montrer ce qu’on peut trouver sur place…

Des chats fétiches. Il y en avait de toutes sortes, des petits comme des grands. Il y en avait des petits (portes clés ou bijoux de portable) qui avaient différents messages de chance à communiquer… Xifan m’a précisé que les chats fétiches avaient avant tout pour origine le Japon, et que depuis quelques temps les chinois les dérivaient avec tout un tas de messages attachés, les percevant comme un objet très positif.

Nous sommes rentrées dans une boutique d’Ocarina, ces petits instruments à vent très typiques. Une sorte de flûte en forme de tête d’oie, comme certains disent. Le son est très mélodieux, si ce n’est un peu mélancolique.

Un ocarina en porcelaine décoré à la manière chinoise

Au détour d’une ruelle, nous nous sommes arrêtées dans une boutique tibétaine. Une chanson au dehors, dans le dialecte tibétain, résonnait. Nous avons un peu parlé au vendeur, qui semblait très spirituel. Mais entre spiritualité et personnage inventé pour le commerce, il y a une différence, et je ne sais pas auquel des deux celui-ci appartenait…

De haut en bas : la boutique tibétaine et son propriétaire ; Les messages tibétains suspendus dans une ruelle ; Xifan qui pose devant une boutique d’une autre minorité ethnique présente dans le Yunnan.

J’ai bien aimé cette ruelle moins fréquentée et habitée de petits commerces représentant des minorités ethniques de Chine. Tout ceci rappelle que le mandarin n’est bien entendu par la seule langue en Chine, que les Han ne sont pas les seuls, et que je suis loin de comprendre ce pays tel qu’il est vraiment.

Voici les photos que j’ai achetées. Si je les ai prises, c’est qu’elles m’évoquaient toutes quelque chose de fort voire profond… Certaines évoqueront pour vous beaucoup de choses et d’autres non. Pour ma part elles me touchent…

En plus des cartes postales et photos que j’ai achetés, j’ai également jeté mon dévolu sur une espèce de bâtonnet en bois avec une bijou au bout, qui sert à attacher les cheveux, dans une boutique où l’on pouvait trouver des accessoires typiques d’une minorité chinoise se trouvant majoritairement dans la province du Yunnan. La vendeuse m’a montré le geste à avoir. Alors que j’étais sceptique au départ, je considère désormais que j’ai certainement fait l’achat le plus rentable du siècle ! Malgré ma nature de cheveux, ce vulgaire bout de bois (non il est joli en fait, mais en fin de compte ce serait tout comme un vulgaire bout de bois) m’accroche bel et bien tous les cheveux. Démonstration photographique :

Le bijou, l’avant, l’après.

Dans un ton plus humoristique, voici une carte postale complètement décalée qui m’a bien fait rire. J’ai également vu des tee-shirts sur lesquels on voyait Monsieur Obama avec la casquette du « Grand Timonier », sous-titrée d’une légende « Great leader ObaMao ». Ce genre d’humour essayerait-il de tester la limite de «l’absence de liberté d’expression » qu’on attribue à la Chine ? Quand on lit le message inscrit au bas de la carte postale, on se dit qu’on ne peut trouver plus cinglant… Le sarcasme est assez vigoureux. Personnellement, je ne sais pas vraiment comment interpréter de tels objets touristiques, toujours est-il qu’ils m’ont donné un large sourire…

Dans une perspective moins intellectuelle, je tenais à vous faire part de ce petit café que nous avons découvert en parcourant une autre ruelle du hutong. Il s’agit d’une cour carrée complètement reposante, convertie en petit bar. Les cours carrées sont normalement à l’air libre, mais celle-c avait été aménagée avec une pergola, sur laquelle une plante avait poussé, laissant apparaître ses fruits (des calebasses). Des gens y prenaient une boisson tout en écoutant la musique calme émanant du haut-parleur. Un chat dormait tranquillement, un homme lisait dans un canapé, tandis que d’autres bavardaient tranquillement. Pour retranscrire l’atmosphère de l’endroit, encore une fois, rien ne parle mieux que des photographies…

Enfin en sortant et en revenant dans la ruelle la plus fréquentée, les lanternes rouges n’étaient jamais aussi belles que par le déclin de lumière de fin de journée. J’ai donc tenu à en faire des photos.

Mon amour des lanternes rouges exposé au grand jour.

En ce début de soirée, nous avons voulu fuir la ruelle principale pour aller manger en dehors. Mais Xifan et moi avons été prises dans un embouteillage humain. A ce moment là, Xifan m’a dit une phrase qui m’a faite sourire et qui laisse à réfléchir « Ici, on manque de tout, sauf de gens ». Bien entendu nous en sommes ressorties avec un peu de patience…

En conclusion, j’ai passé une superbe journée, entre retrouvailles et visite d’un endroit nouveau typiquement chinois. J’espère que les photos vous évoquent autant de choses positives que la réalité m’en a apporté au cours de cette journée.

Et pour finir, en bonus, voici une photo de moi avec des petites oreilles de chats. Des vendeurs de rues avaient étalé de nombreuses barrettes comme celles-ci et de nombreuses chinoises en ont fait l’acquisition. J’ai juste voulu tester l’effet. Je n’en n’ai pas acheté, mais j’ai tenu à prendre une photo de moi, juste pour vous montrer mon petit côté… Miaou Zedong 😉

Chinoisement vous

Comment Besta est devenue ma meilleure amie

Non, je ne suis pas devenue amie avec une « b3stahh’-sistahh’  » (différentes orthographes existent, mais je ne suis pas ici pour les répertorier), catégorie de la population notamment reconnaissable par une calligraphie typique, un style photographique tout à fait unique souvent signé d’une bouche pulpeuse (communément appelée « duck face » ou « bouche en cul de poule ».) Je suis sincèrement navrée de vous décevoir. Non, en fait le titre plus juste aurait été de dire « comment je suis devenue une Besta-addict », mais c’est certainement moins accrocheur. Alors, voilà, cet article vise à promouvoir mon dernier important achat en date, achat que je voulais faire le plus rapidement possible mais qui a finalement pris plus de temps que prévu : celui d’un dictionnaire électronique ! Et comme vous pouvez le constater sur cette photo, celui-ci est de la marque « Besta » (aucune idée de l’origine, à vrai dire je pense que la marque est chinoise -ce qui semblerait logique- mais nous ne nous en soucions guère).

Un dictionnaire dans un pays étranger, c’est toujours pratique. Mais dans le cas de la traduction français-chinois et inversement c’est un peu plus compliqué. Comme vous le savez certainement -ou pas- il existe en Chine un système de phonétisation des caractères appelé le pīn yīn, et qui me permet justement de vous donner ce mot écrit dans notre alphabet plutôt que de vous dire 拼音 (que vous ne sauriez comment prononcer à moins d’avoir appris auparavant ces caractères). Celui-ci permet de connaître la prononciation d’un mot ainsi que le ton donné à chaque syllabe (et oui en chinois, il faut prononcer correctement selon les tons, au risque de ne pas se faire comprendre). Si ce fameux pīn yīn est très utile pour nous les occidentaux qui apprenons le mandarin, celui-ci n’a pas vraiment d’utilité dans la vie courante des chinois. Par conséquent, dans la rue, sur les panneaux, les indications, les cartes des restaurants, il se peut que vous soyez confrontés à des caractères nouveaux que vous ne savez pas lire (parfois vous connaissez la signification sans vous rappeler de la prononciation, parfois vous ne connaissez tout simplement pas le mot). Alors vous devez chercher dans le dictionnaire. Mais pour chercher un caractère dans un dictionnaire, c’est long et galère. En effet, vous devez vous référer aux clés qui composent le caractère. En plus, il arrive que deux caractères forment parfois une expression nouvelle par rapport aux sens des deux lorsqu’ils sont séparés.Bref, c’est toute une histoire. Dans le cas inverse c’est plus facile : vous chercher la traduction d’un mot français, vous trouvez le caractère et son pīn yīn. Mais bon.

L’an dernier à Sciences Po, j’avais remarqué que tous les étudiants en échange venant de Chine étaient munis de ce précieux outil. Un mini-ordinateur, composé d’un écran et d’un clavier, évoquant facilement une nintendo DS mais qui se trouvait en fait être un traducteur.

Je m’étais mise en tête d’en acheter un. Et c’est dimanche, lors d’une escapade avec ma buddy à Zhongguancun (apparemment la « Silicon Valley » chinoise – c’est vrai qu’en électronique on peut tout trouver là-bas) que j’ai trouvé celui de mes rêves. Il traduit mes mots français vers le chinois, en m’indiquant l’écriture en caractère mais également le pinyin et les tons à adopter. Mais son grand plus est dans le sens inverse. En effet, son écran est tactile : je peux donc y écrire un caractère ou plusieurs. Dès qu’il les reconnaît, celui m’indique son pinyin et ses tons, ainsi que les significations ! Si la vie n’est pas plus simple avec ça !

Regardez comme je suis heureuse depuis que j’ai trouvé ma Besta !

Il faut préciser que pendant les cours de chinois (oui je sais, je ne vous ai pas encore détaillé mes cours mais ça arrivera), il arrive souvent que les professeurs écrivent des caractères au tableau, plusieurs en peu de temps. Ce dictionnaire me permet de les retrouver et de compléter une fois rentrée chez moi leurs sens et leur prononciation. Vous l’aurez donc compris, en plus de faciliter la vie, ce Besta reste un véritable outil de travail. Il facilite mon apprentissage en chinois.

Ici : Besta qui cohabite avec mes cahiers. On peut toujours en avoir besoin en plein travail !

Pas plus tard qu’aujourd’hui, dans mes galères impliquant l’administration chinoise et sa bureaucratie, je devais élever fièrement ma voix en chinois (bon ça a été un peu lamentable et une bilingue anglais-chinois a fini par m’aider mais c’est une autre histoire), j’ai dégainé Besta pour trouver les mots manquants.

Besta en plein travail de traduction, fidèle au poste

Voilà, ma propagande pro-Besta s’arrête ici. J’en suis pour l’instant très satisfaite (…même lorsque je dois réécrire le même caractère parce que la première fois il l’a pris pour un autre). Ceci dit, vous vous posez certainement la question fatidique « Mais combien coûte un tel accessoire ? ». Et bien, celui-ci m’a coûté 800 yuans soit environ 105 euros. Oui c’est beaucoup, surtout pour la Chine. Mais on m’avait prévenu que c’était cher (je ne sais pas pourquoi) : le mien tombe dans les prix moyens (le bas de gamme étant à 40 euros, avec un écran à faible lumière sans option écriture des caractères), et ma buddy m’ayant accompagné, je suis sûre de ne pas avoir été la cible d’une arnaque. Pour la petite anecdote, lors de mes essayages à Zhongguancun (« non mais celui-là l’écran est pas assez lumineux » – « et le pinyin il est où dans ce modèle ? » « Ah faut cliquer sur le caractère, wouhaaaaa » -etc), il y en avait un particulièrement beau, de la marque Casio, qui pouvait même surligner des mots en couleur pour aider à la mémorisation, ainsi que lire dans les hauts-parleurs les mots pour mieux intégrer la prononciation. Celui ci coûtait… 2 000 yuans ! (et il était au même prix sur internet), soit la modique somme de 263 euros. La traduction en deviendrait presque un luxe…

Je m’arrête ici pour aujourd’hui. L’écran d’accueil contient plein de fonctionnalités, mais tout étant en chinois je n’ai pas encore tout exploré. J’ai seulement désactivé la musique d’allumage (beaucoup trop forte). Il s’agit donc d’une affaire à suivre. En attendant, je vais préparer la dictée qui m’attend demain matin, à 8 heures. Inutile de préciser que Besta était là pour me soutenir dans la préparation…

Chinoisement vous.